Codeina

Voilà, pour ceux qui n’auraient pas déjà l’info : la Mandriva Linux 2008 Spring est sortie.

Mais ce billet va plus spécifiquement parler d’un concept intégré désormais dans Mandriva Linux 2008 Spring et hérité de Fedora : Codeina (ex-Codec Buddy).

Alors pourquoi avoir Codeina dans Mandriva Linux ?

Tout d’abord, je vais vous passer toute la théorie et vous expliquer tout simplement ce qu’est un codec : c’est un bout de code qui permet de lire un ou plusieurs formats de fichiers multimédias.

Dans certains pays, suivant la manière dont ils ont été fait, certains codecs sont illégaux. Par exemple, les algorithmes pour lire et pour écrire des formats multimédias sont brevetés et ces brevets n’autorisent pas l’utilisation de ces algorithme sans avoir auparavant payé la firme détentrice du brevet. Évidemment, ces brevets sont déposés par des firmes différentes, dans des conditions différentes en fonction de chacun des formats et en fonction de l’utilisation (lecture ou écriture). Autre problème qui peut se poser parfois : l’algorithme associé au format multimédia n’est pas public et le codec a été réalisé grâce à la technique de la rétro-ingénieurie qui est parfois illégale ou du moins, douteuse légalement. Bref, cela abouti à un ensemble de codecs qu’on ne peut pas librement diffuser (même si certains d’entre eux sont des codecs libres : c’est la loi qui les oblige à n’être distribué que sous certaines conditions, que dans certains pays, mais pas la license du logiciel).

Tous ces codecs qui sont dans un flou juridique ont été évincés de Mandriva Linux (dans la distribution officielle) et la plupart des grandes distributions Linux font de même. Cela permet donc à Mandriva Linux d’être disponible et distribuée légalement et librement dans tous les pays. Mais du coup, il n’est pas possible de lire tous les formats avec une Mandriva « brute de fonderie ».

La société Fluendo a eu la bonne idée de développer des codecs en résolvant tous les problèmes légaux derrières (en gros, ils ont payé les sociétés qui ont fait les brevets pour qu’ils puissent distribuer les codecs partout dans le monde). Ils ont donc fait des codecs légaux partout dans le monde, mais évidemment, fluendo doit aussi se rémunérer et fait donc payer ces codecs (qui ne sont pas non plus libres). Dans la liste des points négatifs de ces codecs, je rajouterait la chose suivante : ils ne fonctionnent qu’avec le framework Gstreamer qui n’est quasiment utilisé que par « totem player » sous GNOME, ce qui restreint fort leur utilisation.

Bon, revenons à Codeina. Ce logiciel (qui fonctionne aussi, oh miracle, avec le framework Gstreamer) a pour but d’aider l’utilisateur à trouver un codec sur l’internet lorsque l’utilisateur souhaite jouer un format vidéo qui n’est pas supporté par sa distribution. Je classerais les types de codecs qui peuvent être téléchargés dans 3 catégories : les codecs payants mais légaux, les codecs libres mais pas forcément de bonne qualité ou les codecs libres de bonne qualité, mais pas légaux partout.

Mandriva a choisi de ne pas faire figurer cette troisième catégorie de codecs dans Codeina, ce que je trouve dommage, puisque Codeina n’a rien d’illégal en soi et peut être distribué gratuitement avec n’importe quel lien vers n’importe quel site web ou source de codecs… (sauf peut-être en Chine… ?)

Bref, pour avoir accès à la troisième catégorie, il faut utiliser le Codeina fourni dans le PLF. Mais j’ai malheureusement l’impression que ce dernier ne fait plus figurer la première catégorie (les codecs payants mais légaux partout). Ce qui est bien dommage aussi. L’idée géniale serait de faire un paquetage Codeina-all… qui a du temps à y consacrer ?

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